Dieu sauvera-t-il la Guinée ? ( Ali Camara)

J’ai appris,

J’ai appris qu’il est bien de prier Dieu pour nos malheurs et tous nos voeux, mais surtout j’ai appris qu’il faut agir quand il est temps.

Pour ce qui est de la Guinée, s’il y a une chose dont je suis davantage sûr aujourd’hui, c’est que Dieu ne nous viendra pas en aide tant que nous-mêmes ne sommes pas disposés à changer les choses. Construire un destin commun demande de la volonté commune et résolument orientée vers un changement qualitatif. Dieu n’est pas obligé de nous entendre, mais on peut commencer à s’écouter entre nous et s’entendre sur ce que nous voulons pour notre pays, pour le bonheur de la vie et l’héritage à léguer aux futures générations. Et peut-être bien que Dieu nous fera grâce après cela.

Aucune prière ne sauvera la Guinée !

Aucun culte ne nous permettra de se hisser au-delà des conditions de vie actuelles. Aucune bénédiction ne construira la nation guinéenne. Dieu ne vient qu’en dernier ressort et à supposer qu’il vienne vraiment. Il faut nous AGIR ensemble, aller au-delà de nos différences, de nos convictions, en choisissant la Guinée. Seule la Guinée est la promesse de notre renouvellement et seuls les guinéen(ne)s ont la responsabilité de créer les conditions de leur épanouissement. Personne ne le fera à notre place, même pas Dieu.

Il faut donc sortir de ces croyances qui confortent la résignation et un espoir futile. Le changement se trouve dans nos conduites individuelles et collectives. Tout calcul ethnique et communautariste nous éloigne de la Guinée que nous aspirons : un peuple uni et serein dans son processus de développement, une nation forte et un État de droit où la justice est effective.  

Parler de Dieu dans la conduite des affaires publiques est une malhonnêteté et un manque d’ambition, car «  dans les faits, l’idée de Dieu aide à tenir le peuple dans l’esclavage. » Il faut donc l’endormir suffisamment pour espérer sa docilité sans faille. Quand on remet tout à Dieu, à quoi bon de tenir responsables de simples humains ? Voilà ce qui endoctrine notre peuple.

Des idées préfabriquées pour tenir les populations guinéennes dans une prison psychologique et l’espoir d’un lendemain meilleur qui ne vient jamais.

Il faut agir ensemble, c’est notre porte de sortie.

Un peuple divisé n’a pas d’avenir. Tout dirigeant qui nous divise ne veut pas travailler… C’est une constance historique. Aussi longtemps que nous continuerons à raisonner en considération de notre ethnie, de notre région de provenance, aussi longtemps que la Guinée stagnera et seuls quelques un(e)s parmi nous profiteront de cette situation, comme cela est le cas depuis des décennies. Aussi longtemps que notre raison restera politique et militante, aussi longtemps que nous serons incapables de fonder une société juste. Il faut d’abord êtres humains, guinéens avant d’être militants ou sympathisants d’un parti politique, avec liberté et bon sens.

Aux politiques, l’heure est grave. Il est de temps de sortir dans les discours populistes – dire ce que veulent entendre les populations pour espérer un recommencement interminable de la confiance après chaque déception – la rhétorique n’intéresse plus personne. L’art oratoire et la prestance des dirigeants n’ont d’admiratif que par le résultat des promesses, et la promptitude dans les affaires publiques. Ni les envolées lyriques encore moins ces solutions aléatoires ne pourront absoudre votre responsabilité dans l’échec de toutes ces années de gouvernance. L’histoire retiendra. Il faut mettre la Guinée au centre des préoccupations, ouvrir le débat public, le rendre inclusif et y promouvoir les échanges d’idées, de réflexions plutôt que la guerre des émotions, les débats de fond plutôt que les guéguerres interpersonnelles. S’il est vrai que notre avenir,  en tous cas pour celui de la Guinée, ne se fera que par tous les guinéen(ne)s, il est aussi vrai que ce sont les élites qui doivent montrer le chemin. C’est donc de la responsabilité commune des élus du peuple (Le Président de la république en premier, les députés et les maires ), du gouvernement, des présidents des institutions républicaines, des administrateurs publics, de tous les officiers de l’autorité publique ( magistrat, notaire…), des chefs d’entreprise. Chacun en ce qui le concerne.

Ce n’est pas Dieu qui a fait nos lois et ce n’est pas à lui de les faire appliquer, de la même manière que ce n’est pas aussi Lui qui a créé cet État. Pour cela nous, il a fallu d’abord voter et « non prier » au Référendum du 28 septembre 1958.

Il faut agir ensemble !

Ali Camara

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