Coronavirus : L’inquiétant témoignage d’un journaliste « contact direct » de Hadja Rabiatou Sérah, ” rejeté par l’ANSS


Kalil Camara, est journaliste. C’est sur son compte facebook qu’il a fait part de son inquiétude et apporté un “démenti” aux propos de Dr Sakoba Keita, Directeur général de l’ANSS.

« Lorsque j’entends Dr Sackoba Keïta, Directeur Général de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS), dire qu’ils appellent des contacts directs des personnes testées positives auCovid-19, mais ils ne décrochent pas, je m’inscris absolument en faux. C’est du pur mensonge. Par contre, ce sont des contacts directs des personnes contaminées par Covid-19 qui cherchent, appellent Dr Sackoba Keïta et son équipe, mais ils ne décrochent pas, ils se moquent d’eux et ils les méprisent.

Le 17 mars 2020, j’ai pris part à l’ouverture de la session ordinaire du Conseil Économique et Social (CES), pilotée par Hadja Rabiatou Serah Diallo, présidente de ladite institution. Pendant son discours, mon téléphone était placé plus près sous son mento comme beaucoup d’autres journalistes. C’est pourquoi quand elle a été déclarée positive au Covid-19, tous ceux qui étaient à cette rencontre se sont sentis suspects. Notamment les journalistes qui étaient proche d’elle. Il a donc été question de faire le test pour être situé sur son sort afin d’éviter de contaminer non seulement les familles mais aussi les proches.

Ainsi, le samedi 28 mars, un groupe de journalistes s’est rendu au centre de traitement de Nongo dans le but de faire un test de dépistage, tout en déclarant qu’ils ont eu des contacts directs avec Hadja Rabiatou Serah Diallo. Malheureusement, ce test ne se passe pas comme ça aussi facilement. Ils n’y ont pas été reçus. Il leur a été dit de rentrer puisqu’ils n’ont aucun symptôme du virus, d’attendre les 14 jours comme durée d’incubation. Une fois passé ce délai, de se dire qu’ils n’ont aucun problème. En tout cas pas Coronavirus . Vexés par la réponse donnée, ces journalistes n’avaient pas d’autre choix que de retourner chez eux et donner leur vie à Dieu.

Après ce rejet au CTEPI de Nongo, nous qui n’y avons pas été, d’autres nous ont dit d’appeler le 115 qui ne tarde pas à prendre des contacts pareils en charge. Mais hélas, c’est le pire. De ce samedi jusque maintenant, lorsqu’on appelle le 115, le répondant nous pose des questions comme « Tu as eu des contacts directs avec la présidente du CES ? Oui. Tu as des symptômes ? Non. Tu tousses ? Non. Tu as la douleur musculaire etc… ? Non ». Il conclut par dire: « Reste tranquille puisque tu n’as aucun symptôme du virus ». Pire, quand le menteur qui est à l’appareil dit qu’il vous rappelle dans 5 minutes, il ne vous rappelle plus. Vous êtes obligé de le rappeler encore et il vous dit la même chose encore. Conclusion de ces gens censés défendre la santé publique c’est puisque vous n’avez aucun signe de malaise, même si vous avez eu des contacts directs avec un cas positif, vous pouvez continuer à vous promener ainsi, peu importe que vous soyez un porteur saint.

Alors Comprenez tout simplement que si par accident, il y’a un cas positif parmi ces journalistes, il peut contaminer tous ces contacts, voir toute la population, parce qu’il n’y a pas eu de centre de traitement pour s’occuper de lui. Ce n’est pas de sa faute.

Ce que j’ai compris en fin, c’est qu’il y’a un test d’affinité dans ce centre. C’est loin d’une question de santé publique. En tout cas, ils ont pris des cadres qui n’ont présenté aucun signe du Covid-19, mais parce qu’ils ont eu des contacts directs avec une personne infectée ou simplement parce qu’ils sont venus d’un pays touché par le virus. Pourquoi n’ont-ils pas attendu que Mohamed Lamine Fofana, ministre de la justice et le vice-président du CES qui étaient assis avec Hadja, aient des symptômes pour passer le test ? Malgré le ”contact direct” qu’ils ont eux-mêmes qualifié après l’analyse des circonstances, ils nous disent d’attendre des symptômes.

Pendant ce temps, nous sommes dans un état d’inquiétude et de stress, nos collègues aussi observent une situation de méfiance envers nous. Même après 3 mois sans test , nous restons des suspects ambulants.

Dr Sackoba a menti. Ce n’est pas les contacts qui les fuient, ce sont eux qui repoussent les contacts.

Si dans d’autres pays, on cherche des suspects pour les soumettre à un test de dépistage, en Guinée on les rejette. »

Abdoulaye Kaba, Actujeune.com

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