Quelques jours après la découverte du corps sans vie de Mamadou Saïdou Diallo, un boulanger d’une cinquantaine d’années, dans la commune rurale de Dionfo, les investigations menées par la gendarmerie territoriale de Labé ont abouti à l’interpellation d’un suspect. Présenté à la presse ce vendredi 9 octobre 2026, ce dernier a reconnu son implication dans les faits et livré sa version des circonstances du drame.
L’enquête sur la mort de Mamadou Saïdou Diallo, dont le corps a été découvert le 3 octobre dernier à Deylal Centre, dans la commune rurale de Dionfo, connaît une nouvelle évolution. Les investigations engagées par la compagnie de gendarmerie territoriale de Labé ont permis d’interpeller un homme soupçonné d’être à l’origine de ce décès.
Face aux journalistes, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé, Mamadou Samoura, est revenu sur les circonstances de la découverte du corps, les premiers éléments de l’enquête et les démarches judiciaires envisagées.
« Une enquête du chef d’assassinat a été ouverte et confiée à la compagnie de gendarmerie territoriale de Labé après la découverte du corps. Grâce aux investigations diligentes menées sur place par cette unité et surtout avec la collaboration de la population, un suspect du nom de Yéro Doua Barry, âgé d’une trentaine d’années, a pu être interpellé le 5 octobre 2026 et placé en garde à vue. Au cours de son interrogatoire, le suspect a reconnu être l’auteur des faits d’assassinat sur la personne de Mamadou Saïdou Diallo. Une information judiciaire sera ouverte immédiatement dès le déferrement de la procédure à mon parquet », a précisé le procureur Mamadou Samoura.
De son côté, le suspect, présenté aux médias, n’a pas contesté son implication dans la mort du boulanger. Dans ses explications, il affirme qu’une altercation aurait éclaté après qu’il a sollicité l’hospitalité des personnes présentes dans la boulangerie. Il soutient avoir agi à la suite d’une confrontation avec la victime.
« Je demande pardon aux membres de la famille du défunt. En fait, je suis arrivé sur les lieux aux environs de 20 heures. J’ai demandé qu’on me permette de rester avec eux et de les aider à faire du pain jusqu’au petit matin, avant de poursuivre mon chemin. Ils ont refusé, affirmant qu’ils n’allaient pas héberger un voleur. Lorsque je suis sortie de la boulangerie pour m’arrêter au bord de la route, ils ont pris un fusil et ont tiré. Après le tir, ils ont déposé le fusil à côté de la porte. Je me suis approché doucement pour prendre le fusil. Ils ont alors pris une machette pour me poursuivre. Je me suis retourné et j’ai vu qu’il voulait m’agresser. Je me suis battu avec lui jusqu’à ce qu’il décède. Après l’avoir tué, j’ai transporté son corps dans la brousse pour éviter qu’on le découvre. Je suis ensuite parti ailleurs, où j’ai rencontré une vieille femme qui travaillait dans un champ. Je l’ai aidée et elle m’a donné le tee-shirt que je porte. C’est avec ce vêtement que j’ai été interpellé », a expliqué Yéro Doua Barry.
Boubacar Garki Diallo, correspondant régional de Kalenews.org à Labé
