Boké: L’aéroport de Tamakenen crée un grincement de dents chez les riverains

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L’extension de l’aéroport régional de Boké située à Tamakenen dans la commune urbaine de Boké, continue de faire de vive revendication par les habitants des villages environnants. Les riverains annoncent qu’il n’y a pas eu de compensation de la part de l’État.

La réalisation de cette infrastructure publique qui a fait presqu’une année, et plusieurs mois depuis son ouverture officielle pour les vols du transport de l’espace guinéen et des compagnies minières tels que la SMB, est l’objet de plusieurs réclamations de la part des citoyens de Baralandé et Dakancy qui reprochent à l’État de s’accaparer de leurs terres sans qu’ils ne soient indemnisés.

« Nous avons été surpris de voir une société venir pour la construction de l’aéroport, ils ont aussitôt dégagé notre champ d’anacardier, quand on a commencé à réagir on nous dit que notre village est en train de devenir une ville, j’ai dit non ça ne doit pas se passer comme ça. Mon arrière-grand-père, mon grand-père et mon père sont tous nés ici et moi-même, c’est ici que nous connaissons, je suis née et ouvert mes yeux sur l’endroit-là. C’est notre terre qui s’étend jusqu’à la géo-mine, nous n’avons pas vu nos arrières grands parents mais ils ont tous leurs tombes ici » explique Fanta Camara une des propriétaires des terres occupées de cet aéroport.

Dans sa narration, dame Camara a expliqué comment les occupants ont perdu leurs terres  « nous avons demandé à cette société à travers les représentants, ils nous ont tout simplement dit qu’ils sont mandatés par le chef. Alors nous avons dit de pouvoir au moins nous donner un autre endroit là où nous pouvons survivre à défaut de la compensation. Un autre jour les mêmes personnes sont encore venues nous dire que l’aéroport a aussi pris le cimetière, j’ai pleuré, après nous nous sommes rendus chez le maire Tawel qui nous a dit dans les conditions normales si cela doit se passer, il faudrait soit clôturer l’endroit, le laisser dans l’aéroport ou à défaut montrer un autre endroit pour déplacer les tombes tout en suivant les procédures comme la religion nous dit. Ce qui a été fait difficilement» explique-t-elle.

Ces derniers temps, cette sexagénaire était surprise de voir quelqu’un venir mettre une croix sur son habitation sans qu’elle ne soit informée « un matin c’est un jeune qui vient surgir chez moi sans aucune information préalable mettre la croix sur ma maison, j’ai interpelé il m’a dit, on m’a dit aussi de le faire, j’ai répondu qu’on ne peut pas venir chez quelqu’un faire comme chez toi, donc je l’ai chassé, ici c’est chez moi sauf la mort» larmoie-t-elle.

D’un air désespéré, elle et ses voisins qui se trouvent dans la même situation interpellent les autorités à tous les niveaux de leur rétablir dans leur droit.

Hassatou Lamarana Bah

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