«Après le discours du colonel, place aux questions ultimes»(Par Ali Camara)

Ce que vos leaders ne vous disent

Si les anciens premiers ministres ont tous échoué, faut-il accepter de commettre les mêmes erreurs en leur confiant une fois de plus les destinées de ce pays ? Serions-nous prêts à prendre ce risque de trop et comme espérer un miracle que « pour celui qui est né pour être noyé, de mourir par pendaison » ?
L’argument qui arrive souvent, c’est de dire que
«le poste de Premier Ministre et celui de Président de la république sont nettement différents », avec l’idée que le Premier ministre reste toujours lié alors que le Président de la république peut avoir toutes les possibilités de mettre en œuvre son projet de société; que le Premier ministre n’est pas si responsable que cela, vue la nature «présidentielle » de notre régime politique. Mais personne n’a dit à un Premier ministre de ne pas démissionner, encore moins de le faire. Chacun de ces hommes a agi en fonction des considérations qui, ma foi, peuvent nous échapper. Si ce raisonnement est vrai, il serait tout aussi valable pour un Ministre, un député ou pour un administrateur public quelconque. Néanmoins cela ne consume en rien la pertinence de la question principale posée ci-haut. Voudriez-vous, en guise d’exemple, faire confiance et donner plus de responsabilités et de privilèges à celui ou celle qui, dans votre entreprise n’a pas pu obtenir le résultat auquel vous vous attendiez ? Dans l’affirmative, je serais curieux de connaître vos raisons.

Au même moment, d’autres questions et pas des moindres méritent d’être posées, en considérant bien entendu l’inclusion de la transition qui a été proclamée. Comment accorder le bénéfice du doute au CNRD, si ceux-là mêmes qui ont soutenu le tripatouillage de notre Constitution sont directement associés au processus de la Transition ? Quelles peuvent être les conséquences si leur exclusion s’avérait nécessaire, quand on sait la situation très fragile dans laquelle nous sommes aujourd’hui ? Mais si malgré toutes les volontés du monde, les partis politiques et les personnalités publiques ayant soutenu le coup d’État constitutionnel, avec tout son cortège funèbre, étaient tout de même associés au processus de cette transition et aux élections qui en découleraient, quel serait alors le but de la lutte du CNRD ? Pourrait- on dans ce dernier cas figure dire qu’il s’agit réellement d’une lutte pour le peuple de Guinée, d’une lutte qui le concernerait ? Beaucoup de questions et beaucoup de risques à considérer. Cependant il faudra faire des choix et les assumer devant l’histoire. La rupture et la refondation sereines ou les trébuchements et le perpétuel recommencement.

En tout état de cause, et en dernier ressort, ce sera à chaque guinéen et guineenne, sans exception, témoin de son coeur, conscient(e) des enjeux, et avec la responsabilité individuelle qu’implique le devenir commun, de répondre à ces questions. Notre avantage, c’est de connaitre nos problèmes et ceux qui en sont les responsables. Cela un grand pas. Mais il est temps pour nous d’y trouver le solutions qui nous conviennent.

Ali CAMARA

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