Affaire de l’eau empoisonnée en 2010 : L’ancienne DG de l’hôpital Ignace Deen dément(témoignages)

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L’affaire de l’eau empoisonnée  en 2010 était-elle une manœuvre des autorités de la transition  dirigée par Générale Sekouba Konaté ?  Qui étaient derrière ces astuces d’empoisonnement de l’eau ? Une histoire qui a failli susciter la guerre civile en Guinée refait surface. Invitée dans l’émission les Grandes Gueules ce mardi, la Directrice générale d’alors de l’hôpital Ignace Deen où plus de 57 personnes présumées empoisonnées ont été transférées, a fait de sérieuses révélations.

Selon Fatoumata Binta Diallo, avant son limogeage, elle a été contrainte d’affirmer qu’il y a eu des morts et de soutenir la thèse de l’empoisonnement. C’est son refus qui lui a valu son poste de Directrice Générale de l’hôpital, dès l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir.

 « C’était le vendredi 22 octobre après le meeting du professeur Alpha Condé, le service des urgences m’a appelée pour me dire qu’ils ont reçu une dizaine de patients dans un état de malaise et certains d’évanouissement. J’ai appelé mon adjoint et j’ai reçu un appel où on me demandait il y a combien de corps. Immédiatement je me suis levée et j’ai dit à cette personne de me donner 10 minutes. Je suis partie à la morgue il n’y avait pas de dépôt de corps. Donc je suis rentrée au service des urgences. C’est en ce moment que des journalistes sont venus me demander combien il y avait de dépôt de corps. J’ai répondu qu’il n’y avait pas de dépôt de corps. J’ai dit qu’il fallait attendre des résultats pour parvenir à la conclusion de la thèse de l’empoisonnement et j’ai dit que les techniciens qui étaient là pouvaient confirmer qu’il n’y avait pas de cas de morts », explique-t-elle avant de poursuivre :

 « Vers 10h une première fois et à 11h une deuxième fois le président Alpha Condé est arrivé pour visiter les patients. C’était entre les deux tours. Nous avons fait le tour des patients. Des femmes de Conakry 1 s’étaient introduites à l’hôpital. On m’a dit que c’est Brique Momo qui avait envoyé ces femmes.  Immédiatement il y’a deux qui se mettent devant moi pour dire que c’est moi qui ai dit que les enfants ne sont pas malades, qu’ils ont faim. Elles m’ont ensuite agressée et m’ont cassé deux côtes », a révélé l’ancienne DG de l HID.

C’est après cet acte, elle a été révoquée de ses fonctions, poursuit-elle :

 « J’ai été nommée par décret et j’ai été révoquée par arrêté, sans m’écouter, sans m’interroger, ni m’adresser une lettre d’explication, je me suis retrouvée sanctionnée par le premier ministre, suspendue et remplacée immédiatement par mon adjoint. C’est 5 jours après que l’arrêté est sorti. J’étais très peinée qu’après tous les services rendus au lieu d’être remerciée, qu’on me salisse face à la population guinéenne avec laquelle j’ai tout donné ».

Revenant sur l’affaire de l’eau empoisonnée, Professeure Fatoumata Binta Diallo révèle : « Il y a eu des choses, c’est extraordinaire. Un matin il y a eu un de ceux qui étaient hospitalisés qui est revenu des toilettes pour dire qu’il a vomis un crapaud. Ce sont des choses qui me dégoutent vraiment d’en parler… Il y a des charlatans qui étaient venus dans l’hôpital pour s’occuper de ces enfants. J’étais hospitalisée en ce moment, je ne gérais pas l’hôpital…», a-t-elle révélé.

Selon l’ancienne Directrice Générale de l’hôpital Ignace Deen, si elle avait soutenu la thèse de l’empoisonnement, elle aurait été nommée ministre.

« Je suis sûre que si j’avais soutenu cette thèse de l’empoisonnement j’aurais été ministre. Je ne veux pas citer de collègues. Il y a des gens qui voulaient que j’affirme qu’il y a eu des morts où qu’il y a eu ceci cela», a-t-elle dit avant d’affirmer clairement : « Il n y a pas eu d’empoisonnement ».

Propos décryptés par  Hady MINTHE

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