Reforme de l’armée en Guinée : cinq ans après, quel bilan en tirer ?

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Avec un défi de mettre de l’ordre et de la discipline dans les rangs de nos hommes en uniforme, le président Alpha Condé a engagé l’Etat guinéen sur un vaste chantier de reforme des forces de défense et de sécurité. Cinq (5) ans après, peut-on en tirer un bilan satisfaisant ? D’autant plus que les militaires et paramilitaires semblaient exceller dans les exactions et autres formes de violences exercées contre la population civile.

Avec la répression sauvage que les forces de défense et sécurité ont infligé aux manifestants civils lors des événements de 2007 et du 28 septembre 2009, il y avait d’urgence à tuer chez nos hommes en uniforme l’ADN de la violence contre les civils. Des civils qui avaient fini par considérer nos militaires, gendarmes et policiers comme une menace évidente au projet démocratique de la Guinée.

Ainsi, à sa prise de fonction en 2010, le Pr Alpha Condé a engagé l’Etat guinéen sur un  vaste chantier de reforme des forces de défense et de sécurité. Plus de cinq (5) ans près le début de cette reforme, peut-on en tirer un bilan satisfaisant ?

Le fait de voir rarement des militaires se promener avec une armes est-t-il un indicateur fiable de la réussite, voire du succès de cette reforme ? Ou bien, les événements de Mali viennent-t-ils nous rappeler que le bout du tunnel est désespérément loin de nous ?

De l’avis de M. Aliou Barry, géo-politologue et spécialiste des questions de défense et de sécurité, la préoccupation portant sur la réorganisation de l’armée s’est s’imposée à la Guinée dès la mort de Sékou Touré en 1985. « Dans l’histoire de la Guinée, Sékou Touré avait volontairement désorganisé l’armée guinéenne. Parce qu’il se méfiait d’elle suite aux coups d’Etat qui ont eu lieu au Mali et d’autres pays de l’Afrique. Mais la situation s’est amplifiée avec la venue du général Lansana Conté, qui a donné un plein pouvoir à cette armée. »

Selon lui, « en Guinée la reforme de l’armée ne peut pas fonctionner. Tant qu’on ne se pose pas la question de savoir quelle armée il faut pour la Guinée et pourquoi faire ? Car aujourd’hui, la Guinée ne peut avoir une armée à l’image de l’armée française. Pour se faire, d’abord il faudrait savoir qu’est ce qui menace la société guinéenne ?  C’est ce qu’on appelle en géopolitique la règle des trois cercles. D’abord, un citoyen il a besoin d’une sécurité autour de lui. Ça, c’est le premier cercle. Le deuxième, vous avez besoin d’une sécurité autour de votre quartier. Le troisième cercle, vous avez besoin d’une sécurité autour de votre territoire. Aujourd’hui, si vous prenez ces trois cercles, l’armée guinéenne n’assume aucune de ces sécurités. »

Parlant des défaillances de la reforme des forces de défense et sécurité en Guinée, M. Aliou Barry, indique qu’on ne peut pas faire une reforme de l’armée dans les bureaux. Ce qui est le cas de la Guinée. « Il faut absolument associer la population à travers toutes les couches sociales afin d’ouvrir l’armée aux citoyens. Pour preuve, interrogez n’importe quel citoyen sur la reforme de l’armée guinéenne, il ne vous dira rien sur ce qui s’est passé dans cette reforme. Malgré la reforme de l’armée, le problème de recrutement et de compétence se pose toujours en Guinée. »

Ainsi, il estime qu’en Guinée pour une bonne reforme de l’armée, « en plus des petites avancées sur l’élaboration de la politique nationale de défense, il faut aller vers la suppression de l’armée telle qu’elle existe aujourd’hui. En favorisant plus l’émergence d’une gendarmerie et d’une police  efficace. Garder juste des unités mixtes professionnalisées chargées  de sécuriser les points de menaces. »

 

Mohamed Barry

224 624 39 57 84

barrymed21@gmail.com

 

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