Le Président de l’UFDG a présenté ses vœux de nouvel an à la Presse

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Au cours d’un déjeuner de presse organisé à son domicile ce mardi, Elhadj Cellou Dalein Diallo a souhaité ses vœux de réussite aux journalistes dans l’exercice de leur métier en 2018, rappelant par la même occasion le contexte difficile de travail des hommes des médias en 2017. Kalenews vous propose l’intégralité du discours du chef de file de l’opposition guinéenne :

« Que l’année nouvelle soit pour vous une année de santé et de succès dans l’exercice de votre métier mais également dans toutes vos activités. Je voudrais saisir cette occasion pour vous renouveler le soutien et la solidarité de l’UFDG face aux épreuves que vous traversées. Je suis convaincu que vous vous défendrez vite et sérieusement pour que notre pays dispose d’une presse indépendante et responsable. Vous avez apporté une contribution non négligeable à l’avènement de cette démocratie ne serait-ce qu’encore fragile. Nous avons encore besoin de vous, la Guinée a besoin de vous. Soyez rassurés que toute tentative de musellement de la presse, de restitution de vos libertés et de vos droits sera défendue, combattue par l’UFDG.

Nous avons tous traversé une année difficile, de façon générale tous les guinéens : de la restriction des libertés, du faible pouvoir d’achat, de la cherté de la vie, de la dégradation des infrastructures, de l’absence de recours lorsque nos droits sont violés. Et c’est pourquoi nous avons le devoir ensemble de continuer le combat, chacun avec sa casquette.

Vous êtes de la presse, nous sommes un parti politique. Vous nous reprochez souvent de revendiquer des élections, ce n’est pas tout à fait vrai. Mais la vocation des partis politiques aussi c’est de participer à des élections pour conquérir le pouvoir présidentiel, législatif et le pouvoir au niveau des collectivités afin de mettre en œuvre des politiques susceptibles de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de nos populations.

On a enregistré cette année beaucoup de violation des droits des journalistes. Certains d’entre vous ont été bastonnés, d’autres ont été déférés injustement devant des tribunaux, je vois Moussa Moise. Des journaux, des radios et télévisions ont été fermés. Je pense qu’il faut qu’on se mobilise tous. Nous serons à vos cotés pour défendre vos droits pour que le pays continue de disposer d’une presse indépendance, efficace et responsable.

Nos conditions de vie ne se sont pas améliorées contrairement à ce qu’on nous dit. Nous avons eu l’opportunité de dénoncer la corruption des dirigeants. Je ne vais pas revenir sur ça. J’ai eu à répondre à beaucoup de question des journalistes pour expliquer que les marchés de gré à gré et des surfacturations éhontées continuent jusque-là maintenant. Nous devons continuer à les dénoncer et les combattre.

La Haute Cour de Justice n’est pas mise en place, ce qui garantit l’impunité aux dirigeants parce que le président de la république est quitte, le premier ministre et les ministres jouissent des privilèges de juridiction qu’ils ne peuvent être entendus que par la Haute Cour de Justice. Et malheureusement, le président de la république ne veut pas que cette cour soit mise en place si bien que même lui personnellement s’il souhaite sanctionner un ministre, finalement, il ne peut pas, parce qu’il ne peut pas le déférer devant un tribunal.

L’accord politique du 12 octobre qui avait suscité beaucoup d’espoir chez nous n’est pas mis en œuvre, en tout cas pas aux dates indiquées. A ce jour, en dehors des élections communales dont la tenue est annoncée le 4 février, aucune décision de l’accord politique n’a été mise en œuvre : les indemnisations n’ont pas commencé, le enquêtes n’ont pas été ouvertes, la haute cour de justice, je viens de le dire, n’a pas été mise en place, l’accès équitable des partis politiques aux médias d’Etat, vous le savez, reste encore un rêve. Si la presse privée n’existait pas, eh bien les politiques n’auraient pas eu l’opportunité de s’exprimer. Toutes les autres décisions, aucune n’a été mise en œuvre. Le projet de loi sur la CENI n’a pas été même discuté, jusqu’à présent le fichier électoral n’est pas été assaini, alors que toutes ces actions devraient mise en œuvre pendant l’année 2017.

J’ai souhaité qu’on soit ensemble autour de ce repas, en tant que guinéen qu’on puisse échanger et qu’on puisse nous organiser pour la défense des principes et des règles de l’Etat de droit. Nous voulons une démocratie apaisée mais j’aime le dire, on n’obtient pas la paix par l’exhortation, on n’obtient pas la paix en rappelant ces avantages et ses vertus, on obtient la paix par la justice, par le respect de la loi, par le respect des droits des autres

Alors très souvent on renvoi le pouvoir et l’opposition dos à dos, on dit les politiques non ! La presse a le devoir de chercher à situer les responsabilités. Parce que lorsque nous sortons pour manifester, nous le faisons parce que nos droits sont violés. Si les élections locales avaient été organisées à bonne date, on n’aurait eu aucun prétexte pour manifester et pour exiger qu’elles le soient.

Lorsqu’on se retrouve autour de la table, nous faisons des concessions pour trouver un accord, nous fixons une échéance pour mettre en œuvre telle action, à l’échéance le gouvernement ne l’a pas exécutée, bien sûr, nous sommes frustrés. Et comme la justice n’est pas un recours pour l’opposition souvent on est amenés à aller dans la rue. Et malheureusement nos manifestations sont réprimées encore et vous le savez finalement ça devient un cercle vicieux.

Je n’aimerais pas vous ennuyer avec un discours. Je vous ai invité à partager ce repas au nom de l’UFDG, au nom de Madame Diallo, je souhaite bon appétit. Et si quelqu’un souhaite par la suite prendre la parole ça ne sera pas une conférence de presse ou un point de presse mais on peut toujours échanger nos points de vue tout en mangeant ».

LINCOLN

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