Point 2 de l’accord politique : « cet amendement ne sera jamais une loi en Guinée… » dixit Faya Milimono

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« Nous restons mobilisés pour faire en sorte que cet amendement ne soit jamais une loi en Guinée », ce sont les propos de Faya Milimono, président du Bloc Libéral, dans un entretien qu’il nous a accordé ce mercredi 11 janvier, à son siège. Ceci, suite à l’annonce d’un éventuel retour de l’opposition républicaine dans le processus de la mise en œuvre du point 2 l’accord politique du 12 octobre. 

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Kalenews.org : Après votre rencontre avec le président de la République, quelle lecture faites vous  de l’homme ? Est-ce que le problème de la Guinée c’est Alpha Condé ou son entourage ?

Dr Faya Milimono : Je dois dire qu’au BL, nous nous réservons de juger des personnes. On est parfois obligé de parler du Pr Alpha Condé, parce que c’est lui qui dirige le pays aujourd’hui. Mais notre vœux le plus chers, c’est de ne pas parler des individus, mais parler des idées. Ce sont des valeurs qui nous préoccupent. En Guinée on a souvent tendance à dire que le problème ce n’est pas le président, c’est son entourage. Mais nous sommes dans un régime présidentiel à outrance. Ça veut dire que contrairement à d’autres pays où le président de la République peut désigner quelqu’un pour occuper un poste de ministre ou d’autres postes. L’on dispose un organe législatif qui a le droit de rejeter la proposition du président de la République ou pas. Dans notre pays, quand le président vous désigne, le lendemain vous pouvez prendre fonction. Alors, je ne crois pas qu’on ait imposé au président un entourage quelconque. Si l’entourage du président n’est pas bon, c’est qu’on peut se poser la question si le président est bon. Mais je ne sépare pas le président de son entourage.

Kalenews.org : Suite à l’annonce d’un éventuel retour des députés de l’opposition républicaine sur la table des négociations dans la mise en œuvre du point 2 de l’accord politique du 12 octobre 2016. Quel sera la suite à donner pour le BL dans son front contre l’adoption dudit accord ?

Dr Faya Milimono : Notre travail, en tant que Front National pour la Défense des Droits des Citoyens, c’est de travailler aux côtés des députés pour ne pas permettre que les droits des citoyens soient confisqués. Vous nous avez suivis lors des derniers jours de la session budgétaire, nous étions là au palais du peuple. Nous avons travaillé d’arrache pieds avec le groupe parlementaire des députés républicains pour que le vote sur ce projet de loi ne se fasse pas à main levée. Parce que quand nous échangeons avec les députés, qu’est ce qu’ils nous disent ? Si le vote se fait à main lever, beaucoup de députés ne font pas voter leur conscience. Ils seront obligés de suivre les instructions des partis. Parce qu’ils auront peur des représailles. C’est pourquoi, ce combat a été mené pour que la motion de procédure soumise par les républicains puisse avoir le nombre suffisant. Afin que le vote se fasse à bulletin secret. Je dois vous dire que parmi les signataires, il y a par exemple l’honorable Mouctar Diallo, l’honorable Aboubacar Soumah pourtant élus sous bannière de l’UFDG. Nous en avons également du côté de la mouvance, c’est le cas par exemple de l’honorable Ousmane Kaba. C’est pour vous dire que dans les deux camps, il y a des députés qui ne partagent pas nécessairement les termes de ces accords. Le fait qu’on enlève les amendements qui ont bloqué l’adoption de ce projet n’est pas une garantie que le projet sera adopté.  Nous, nous restons mobilisés pour continuer le combat.

Kalenews.org : A supposer que le point 2 de l’accord politique du 12 octobre soit voté par les députés de l’assemblée nationale, quel va être la suite du combat pour le BL ? Est-ce que vous allez vous opposez à son application ?

Dr Faya Milimono : Nous allons continuer à nous battre jusqu’à ce que le point 2 de cet accord ne soit pas loi dans ce pays. Nous avons suffisamment expliqué que ce point ne résoudra pas le problème. Il ne fait que le déplacer. La politique étant si proche des populations dans notre pays, nous devons amener les chefs de quartier et de district à s’occuper exclusivement du rôle social pour lequel, ils ont été élus. La recommandation du point 2 de l’accord, c’est seulement un déplacement de nos problèmes. Ensuite, nous sommes légalistes. Nous nous battrons pour qu’il ne soit pas une loi. Mais si ça dévient loi, nous développerons d’autres stratégies pour changer cette loi le moment venu. Mais nous allons obéir à la loi. Parce que nous ne devons jamais dans notre pays continuer à considérer la loi comme un encombrement. Comme certains semblent le vouloir.  Ce n’est pas parce que la loi ne nous arrange pas, qu’on va la mettre de côté.     

Un entretien réalisé par Mohamed Barry

224 624 39 57 84

barrymed21@gmail.com     

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