N’Zérékoré : Cette femme qui a abandonné l’excision à Samoé, n’a pas eu de mesure d’accompagnement

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Dans la sous-préfecture de Samoé située à 10 Km de la préfecture de N’Zérékoré, la communauté a opté pour l’abandon des mutilations génitales féminines notamment l’excision. Cette décision fait suite aux multitudes campagnes de sensibilisation initiées par les ONG, mais aussi des sanctions qui pourraient surgir.

Les exciseuses ont aussi déposé leurs outils dans cette localité comprenant 77.369 habitants. L’excision était leur activité génératrice de revenue, cependant elles n’ont plus d’autres travaux pour satisfaire leur besoin. C’est le cas de Nagba Théa exciseuse, qui a commencé cette activité avec ses amies et a stoppé il y’a de cela trois ans.

Cette sexagénaire a donné les raisons qui lui ont poussé à être une exciseuse « J’ai cherché à collaborer avec mes amies car je n’ai pas où aller et j’ai des bouches à nourrir, c’est pourquoi je faisais l’excision, c’était mon activité » dit-elle.

Aujourd’hui, Mme Théa a abandonné l’excision mais n’a pas eu de mesure d’accompagnement « Nous sommes dans un Etat qui est commandé, donc la population est obligée de se soumettre aux règles. Les ONG et le gouvernement interdisent la pratique, j’ai accepté mais jusqu’à présent il n’y a pas de mesure d’accompagnement. Je suis abandonnée à moi-même » témoigne-t-elle.

Ayant des bouches à nourrir, cette dame est obligée d’aller en brousse pour chercher de quoi subvenir à ses besoins et celle de sa famille « Je suis obligée d’aller au champ, toute ma peau est dégradée par ces travaux champêtres en brousse. J’ai douze enfants à nourrir, mon mari est décédé, quand les enfants tombent malades c’est dans la brousse que je cherche le médicament, quand ils ont faim c’est là-bas » dit-elle d’un air maussade.

Mme Nagba Théa demande aux ONG et au gouvernement de lui venir en aide, en lui octroyant une activité génératrice de revenue qui pourrait satisfaire sa famille.

Tout comme Nagba Théa, elles sont nombreuses ces exciseuses qui n’ont pas de soutien. Certaines sont obligées de recommencer en coulisse la pratique, pour gagner de l’argent. Une situation qui devrait interpeller les institutions chargées à l’abandon des MGF, d’avoir un accent particulier sur ces femmes pour leur prise en charge, afin que l’excision soit bannie à jamais dans les villages lointains du pays.

Hassatou Lamarana Bah

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