Mamaya de Kankan : zoom sur une danse populaire à plusieurs valeurs ancestrales

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Comme chaque année, pour célébrer en apothéose la fête de Tabaski, des ressortissants de Kankan du reste du pays et partout ailleurs dans le monde se donnent rendez-vous au grand carrefour de Chérifoula pour vivre au rythme de la danse populaire ‘’Mamaya’’. La Guinée de par sa diversité culturelle nous offre plusieurs rythmes de danses selon les régions, les ethnies et les communautés. Parmi cette diversité, la Mamaya de Kankan se distingue de par sa simplicité et l’élégance qui l’accompagne.

De part son origine, nous raconte un sage de la région, « la Mamaya est une danse venue du Mali par le biais des  voyageurs qui faisaient souvent le commerce entre Kankan et Bamako.  Et un jour au cours d’un de leurs voyages ils découvrirent une danse populaire pleine d’enseignement. C’est alors que l’idée de ramener cette danse à Kankan surgit et une fois de retour dans le Bathè (Kankan) ».  

Selon Sanassa Mory Kaba, « comme pionner de la venue de cette danse, 4 noms sont les plus connus. Le nom Mamaya et les Sèdès sont deux éléments distincts. Si le 1erest venu du Mali dans les années 1937-38, le second est une œuvre de M’Bemba Alpha Kabinet en 1971. Cela pour doter sa ville d’une structure socioculturelle forte. Mais aussi pour défendre l’identité de Kankan en cas d’invasion. Comme ces Sèdès ont été mis en place plus d’un siècle et demi avant la Mamaya d’où l’idée de confier l’organisation de cette Mamaya à ces sèdès qui sont au nombre de 5 (Sèdè Hèrèmakonön, Sèdè Doudia, Sèdè Sandia, Sèdè Diamanadia, Sèdè Dandia) », explique-t-il.

Par l’organisation de la Mamaya, les natifs de la région œuvrent pour le développement de la ville à travers les Sèdès. Ces structures durant leurs mandats réalisent de grands projets. En guise  d’exemple, notre interlocuteur, cite : «  l’un des projets, il y a l’école franco-arabe qui porte le nom de M’Bemba Alpha Kabinet, le fondateur des sèdès. Cette école de 10 salles de classe a été construite par le Sèdè Herèmakönön 3. Ce même Sèdè  est aussi le réalisateur du portique qui annonce la bienvenue à Nabaya, juste à l’entrée de la ville. Grâce à la Mamaya, le Sèdè Doudia a pu faire  la première morgue de Kankan avec six cabines avec une chambre froide ».

Pour ceux qui confondent la Mamaya à une bassesse, une légèreté ou encore quelque chose de pas important. Pour Mamady Kaba, « la Mamaya, elle est une danse sur un rythme solennel, traditionnellement accompagnée d’une mélodie majestueuse.  En termes de définition, il précise que Mamayah signifie « Imaya I dön, mamayadön » ce qui veut dire en français la danse avec souplesse sans fournir trop d’effort au delà de cette réjouissance ».

A en croire les natifs de Kankan, la Mamaya est le pont qui relit à chaque fête de Tabaski les fils, amis et sympathisants de la région dans un même endroit sans distinction aucune. L’organisation de cette danse est  autorisée par les chefs religieux et coutumiers de la ville.  Puisque, nous disent-t-ils, elle n’entrave pas ses principes en ce sens qu’il n’ya aucun contact.

 

Mohamed Barry

 

224 624 395 784/barrymed21@gmail.com

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