Guinée : Quel rôle joue le comité national de lutte contre la traite des personnes ?

0
155

Le comité National de lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées était face à la presse ce vendredi 5 octobre à Conakry, pour parler des difficultés mais aussi des activités qu’il a eu à faire depuis sa mise en place par décret en 2017 jusqu’à ce jour.
Ayant eu l’assistance en 2012 de l’Office des Nations Unies contre les crimes et la drogue pour l’obtention d’une loi contre la traite des personnes, ce comité a pour rôle de Coordonner toutes les activités de prévention, de lutte, prise en charge sur les activités de lutte contre la traite des personnes.
Cependant, un rapport de cet office indique que la Guinée a été rétrogradée en 2017, à cause des non condamnations des cas de traite. Mme Cissé Hadja Mariama Souadou Diallo, conseillère technique ministre d’Etat chargée de la justice et vice-présidente du comité a donné les raisons de ce retard.
Selon Mme Cissé, à ce temps aucun texte ne pouvait condamner des cas de traite « C’est indépendant de notre volonté, car à ce moment on n’avait pas un texte adéquat qui puisse condamner les cas de viol. On pouvait arrêter un cas de traite, on l’envoi devant le juge, au bout du tunnel il voit que ce n’est pas un cas de traite. Après il y’a eu la réforme des codes de procédures pénales, dans cette réforme les cas de traite ont été pris en charge. Tout a été pris en compte et les juges étaient outillés pour la condamnation des cas de traite, en 2017 » explique-t-elle.
L’autre difficulté, les dossiers étaient dirigés vers la cour d’assisse ce qui n’est plus le cas « Avant les cas de traite il fallait la cour d’assise pour les juger, et ces cours d’assise nous devions faire les sessions quatre fois par an, ce qui faisait qu’elles étaient désordonnées. Maintenant elles sont supprimées et ce sont les Tribunaux de Première Instance qui gèrent les dossiers de traite » précise-t-elle.
Un autre aspect qu’a signalé la vice-présidente du comité, c’est le cas des avocats pour les victimes « les accusés n’ont pas ce problème car ils ont des avocats commis d’office, ils doivent avoir un avocat pour la défense pour les faire juger, contrairement aux victimes qui doivent prendre des avocats. Mais nous sommes en train de travailler sur l’aide juridictionnelle, cela peut alléger les victimes de traite » informe-t-elle.
Selon Mme Cissé, depuis 2017 plusieurs cas de traite sont au niveau des TPI et des condamnations ont été effectives « La juridiction de Mafanco, en 2017 onze cas de traite, il y’a des condamnations par sursis, par défaut et des peines allant jusqu’à cinq ans. La juridiction de Kaloum, plusieurs cas de condamnations pour cinq ans, la juridiction Dixinn certains à un an, d’autres à cinq ans » dit-elle.
Dans son plan d’action, le comité envisage de travailler avec la presse pour plus de visibilité des actions qui seront menées sur le terrain. Cependant, depuis sa mise en place, aucun budget n’est alloué à cette équipe.

Hassatou Lamarana Bah

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*