Guinée/Embouteillage : L’Etat et les entreprises perdent 100 milliards de francs guinéens par mois à cause des bouchons

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Les embouteillages ont de nombreuses conséquences économiques, sociales, sanitaires et écologiques. Le temps passé dans les embouteillages est majoritairement considéré comme « perdu », n’étant utilisé ni pour le travail ni pour les loisirs. Cette perte a un coût économique très important.

Selon un économiste qui a réalisé cette étude, à Conakry par exemple, de Kaloum au KM 36, deux voies pour la montée aux heures de pointe et une voiture tous les dix mètres sur chaque voie représentent donc environ 24 000 véhicules immobilisés représentant un capital d’environ 720 milliards  GNF (soit 30 millions par voiture en moyenne).

A titre illustratif, si 500 mille  personnes perdent environ une heure par jour en transport, cela représente un million d’heures par jour (monté et descente), soit l’équivalent de 100.000 GNF par mois et par personne (avec un SMIG de 400.000 mensuel soit 2.500 par heure). Le coût total mensuel de la perte est évalué dans ce contexte à 100 milliards par mois pour l’État et les entreprises à cause des bouchons.

Autre conséquence, les retards de livraison peuvent être dramatiques pour les entreprises, notamment celle qui utilisent le principe du Juste-à-temps (flux tendu).

En plus de réduire la vitesse de circulation, un embouteillage est une source importante de pollution de l’air, due à une consommation supplémentaire de carburant et un moindre mélange des couches d’air, climatique via les émissions de gaz à effet de serre, les  avec des coûts sanitaires énormes (stress, la fatigue, la tension artérielle, le coût social pour les enfants et l’harmonie du couple, …).

Pour limiter les embouteillages, le spécialiste qui a préféré garder l’anonymat a proposé deux solutions aux autorités :

  1. Limiter les embouteillages automobiles

De nombreuses manières existent pour lutter contre les embouteillages, on peut citer notamment :

ü L’amélioration de la fluidité du trafic, avec notamment une meilleure signalisation et les régulations de vitesse

ü Une régulation de l’usage par la tarification (péage d’infrastructure ou péage urbain)

ü L’instauration de système de transport intelligent

ü La création de nouvelles voies de circulation (qui peut néanmoins ne faire que déplacer le problème en amont et/ou en aval).

ü L’amélioration et la promotion des transports en commun

ü La promotion du covoituragepour les déplacements vers son lieu de travail

ü La restauration de services, emplois, et commerces de proximité, et d’espaces verts de proximité, pour diminuer le besoin de déplacements motorisés.

ü La promotion de la bicyclette, avec création d’aménagements cyclables, points d’attaches, etc.

ü Les horaires de bureaux décalés

ü La diminution des déplacements en cas d’intempéries ;

ü mettre des marquages au sol ; 

 

Pour le cas spécifique de Conakry, le déplacement de certaines administrations de Kaloum vers la banlieue revolerait beaucoup le problème de bouchon.

Même si les routes sont congestionnées par les voitures, les semi-remorques et les camions, elles peuvent quand même assurer le transport de milliers de personnes de plus en accroissant le nombre de passagers par véhicule, soit en formant des groupes de covoiturage ou en empruntant les transports en commun

  1. Les principales solutions pour éviter les embouteillages sans raison « externe » (accident…) sont 

ü Rouler avec une vitesse la plus constante possible (pour éviter d’envoyer fréquemment des signaux de freinage aux véhicules qui nous suivent)

ü Garder une distance de sécurité suffisante entre notre véhicule et celui qui nous précède juste devant (cette distance permet notamment d’absorber un léger coup de frein du véhicule qui précède sans pour autant obliger son propre véhicule à freiner immédiatement)

ü Eviter la multiplicité des lignes en cas de ralentissement (ce qui crée un effet d’entonnoir),

ü L’application de la courtoisie et du civisme dans les situations pouvant provoquer un blocage ;

ü L’assiduité des agents régulateurs dans les points critiques ;

ü La mise ne place d’un comité stratégique de réflexion sur la sécurité et la fluidité de la circulation ;

Ces solutions sont également applicables pour réduire un embouteillage déjà formé. Dans ce cas, la principale action à mettre en œuvre est : instaurer une distance suffisamment grande entre son propre véhicule et le véhicule de devant pour éviter de devoir freiner et garder une vitesse de son propre véhicule la plus constante possible.

En Espagne, ou encore en Allemagne, il existe une signalisation spécifique au risque de ralentissement, comme à l’approche d’un rétrécissement de chaussée, à l’intersection de grand itinéraire, ou à l’entrée de zone urbaine.

En Guinée, des mesures ci-après permettraient de réduire drastiquement le bouchon, à savoir :

–         La construction des ponts de Hamdallaye, de Bambéto et de Cosa et d’Enco-5 ;

–         Le reprofilage des nids de poule et d’éléphant ;

–         Le bitumage de la voie Hamdallaye-sonfonia avec une vision de pays émergent ;

 

–         La délocalisation de certaine administration de Kaloum ;

–         Le déguerpissement des encombrements des voiries (marché et autres) ;

–         La mise en service des collecteurs d’eau dans la ville.

 

Des travaux simples qui créent de l’emploi, de la sécurité sanitaire et le bon vivre dans notre capitale.

Force est de constater, au regard des éléments énumérés ci-haut,  que le coût économique, social, sanitaire, environnemental et administratif des embouteillages est largement supérieur au coût des investissements requis pour le résoudre. D’où l’impératif pour tout Etat de  résoudre cette catastrophe dans le quotidien des guinéens.

LINCOLN 624901737

 

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