Guinée/Dossier Moussa yéro Bah: Voici la demande de la défense

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Le procès de la journaliste activiste des droits de l’Homme, Moussa Yéro Bah est ouvert ce jeudi 04 octobre au tribunal de première instance de Dixinn. Interpellée pour diffamation par voie de presse, de l’article 109 de la loi sur la liberté de la presse, contraire à l’article 7 de la constitution guinéenne, la défense demande la direction de la cour constitutionnelle.

« Ma cliente ici présente est poursuivie pour diffamation, article 109 de la loi sur la liberté de la presse, il se trouve que cet article 109 de la loi sur la liberté de la presse portant sur la diffamation est contraire à l’article 7 de la constitution guinéenne qui consacre la liberté d’opinion, la liberté de la presse, et quand une loi inférieure est contraire à la constitution de la République de Guinée, les parties prennent la direction de la cour constitutionnelle. Ce qui est prévue par l’article 96 de la loi fondamentale, qui permet à tout plaideur de soulever devant toute juridiction une exception d’inconstitutionnalité d’une loi et quand c’est le cas, la juridiction saisie sursoit et renvoie la question devant la cour constitutionnelle qui est juge de la constitutionnalité des lois » explique maitre Salifou Beavogui.

Pour la partie civile, l’inconstitutionnalité soulevée par la défense est une fuite en avant « il faudrait faire la distinction entre Moussa Yero ici journaliste et Moussa Yero activiste des droits de l’Homme, elle comparait par devant cette juridiction pour des propos tenus dans une Radio au cours d’une émission en qualité de journaliste, c’est pourquoi elle est là pour des faits de diffamation par voie de presse. Par rapport à cette prétendue exception d’inconstitutionnalité qui a été soulevée par la défense, je dois vous dire que cette exception est une fuite en avant, Moussa Yéro étant convaincue qu’elle est dans l’incapacité absolue d’apporter la preuve, la vérité des allégations tenues au cours de l’émission les Grandes Gueules le 03 mai 2018, a choisi cette option pour empêcher le cours normal de la procédure. C’est une intention délibérée de faire du dilatoire et je suis convaincu que le tribunal n’avalera pas cette pilule, elle est sans objet » précise maitre Pépé Antoine Lamah de la partie civile.

La cour s’est retirée pour délibérer, et la reprise du procès est prévue pour le 11 octobre.

Hassatou Lamarana Bah

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