Le foot guinéen en marche, le fruit du hasard ?

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Malgré toutes les critiques à son endroit, le football guinéen fait sa petite progression au fil des années. En tout cas, comparativement à plusieurs pays de la sous-région ou même du continent, en faisant un récapitulatif des ressentes performances de nos sélections nationales ou clubs dans les compétitions de la CAF.

L’insatiabilité du guinéen par rapport aux performances des sélections nationales n’est plus à démontrer. C’est la raison pour laquelle malgré les performances de celles-ci, on a tendance à penser qu’il n’ya pas d’évolution, au moment où aucune condition n’est réunie pour que le football guinéen rayonne sur le continent africain.

Oui ! Rien est réuni en effet pour que toutes les catégories Syli, fassent des résultats dans les compétitions de la CAF. Ajouté à cela, les parcours des représentants dans les compétitions de clubs.

En 2015. Le syli cadet termine troisième de la coupe d’Afrique des nations de sa catégorie. L’équipe entraînée par Hamidou Camara a battu le Nigéria lors de la petite finale à Niamey (3-1), une équipe nigériane qui remportera au mois de novembre de la même année la coupe du monde de la même catégorie. La Guinée fait partie alors des trois meilleures nations de football du continent africain de cette catégorie, même si l’aventure chilienne sera moins reluisante. On parle s’il vous plait du football à la base.

En 2017. Nous sommes au mois de février à Lusaka (Zambie). Le syli junior emmené par Mandjou Diallo termine troisième de la coupe d’Afrique des nations de cette catégorie, en s’imposant (2-1) lors de la petite finale face à l’Afrique du sud. Alors qu’il était logé dans la poule du pays hôte qui terminera champion et de l’Egypte, ou encore du Mali. Là aussi la suite sera catastrophique au mondial coréen.

La même année, l’équipe U17 de Guinée redessine le tableau de 2015, en terminant à nouveau troisième dans la même compétition cette fois au Gabon, face au Niger. Score du match de classement (3-1). Un de ses joueurs, Djibril Fandjé Touré finit la compétition avec le plus grand nombre de but inscrit. Cette équipe de Souleymane Camara jouera la coupe du monde de la même catégorie au mois d’octobre en Inde.

Après avoir manqué le rendez-vous de 2017, le syli national senior est bien parti pour la coupe d’Afrique des nations Total Cameroun 2019. Les guinéens ont réussi un exploit jugé historique en battant à Bouaké les éléphants de Côte d’Ivoire le 10 juin dernier, au compte des éliminatoires de cette CAN.

Avec les clubs, le Horoya AC est entrain de réaliser un parcours impressionnant en coupe CAF. Après quatre sorties, le club guinéen a engrangé 8 points et occupe la tête de sa poule, composée du CF Mounana, du Supersport UTD et du TP Mazembé.

Le fruit du hasard ?

Qu’est ce qui pourrait expliquer ces performances dans le football guinéen ? La réponse à cette question sera dénuée de toute logique, pour la simple raison que les conditions pour parvenir à des performances ne sont pas réunies dans le pays.

La Guinée ne dispose presque pas d’infrastructures sportives. Celles qui existent sont vétustes et surexploitées par  de nombreuses équipes qui les utilisent presque tous les jours. Contrairement à un pays comme le Gabon où chaque club à son propre terrain d’entrainement avec une pelouse couverte de gazons et un stade pour les rencontres.

La Guinée ne dispose pas de centre de formation. A Conakry et environs, la formation se fait dans les rues ou dans des structures peu ou pas du tout professionnelles. Il n’existe donc pas de championnats de jeunes et rares sont les clubs qui forment des jeunes joueurs pour s’assurer de la relève. Quand il s’agit donc de sélection, l’entraîneur choisi pour la circonstance, fait son casting selon la réalité du terrain. Contrairement à des pays comme le Ghana, le Mali et le Niger dont les résultats sur le continent sont sans commentaire dans les catégories inférieures. Une résultante des politiques qui ont été mises en place dans ces pays dans le cadre de la formation (centres de formation innombrables, compétitions de jeunes, conservation de génération dans les différentes catégories).

Quant aux formateurs, le pays ne disposerait que de deux techniciens avec la licence A, l’un est l’actuel sélectionneur du syli A. Moins de 5 disposants de la licence B. Une moyenne en dessous des espérances, relativement aux ambitions et comparativement aux performances réalisées jusque là.

Toutefois, une ‘’nouvelle équipe’’ est à la tête de la fédération guinéenne de football. Elle a toute la latitude de se pencher sur les maux ci-haut cités et bien d’autres non cités. Elle en a intérêt, quant on sait l’exigence du public guinéen. [Le hasard peut atteindre ses limites.]

Alpha Mady TOURE / touralphamady224@gmail.com

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