Facebook, Twitter, Google… Comment préparer votre testament numérique

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Que deviendront vos comptes sur les principaux réseaux sociaux et plateformes d’e-mails après votre passage dans l’au-delà ? Franceinfo s’est penché sur la question.

Que va-t-il advenir de votre compte Facebook après votre mort ? Et de votre vieille adresse Hotmail, que vous utilisiez pour vous connecter sur MSN Messenger au début des années 2000 ?

Si vous ne vous êtes pas encore posé cette question, la plupart des services en ligne ont, ces dernières années, planché sur le sujet. Avec plus ou moins de réussite. A l’occasion de la Toussaint, jeudi 1er novembre, et afin de vous aider à réaliser votre « testament numérique » et à maîtriser autant que possible vos traces sur le web après votre passage dans l’au-delà, franceinfo a fait le tour des réseaux sociaux et plateformes de courrier électronique les plus populaires.

Facebook

En raison de son extrême popularité, Facebook a été l’un des premiers services à s’adapter à la mort de ses utilisateurs. Le réseau social a ainsi mis en place en octobre 2009 une fonctionnalité permettant de transformer un profil en « compte de commémoration », ce qui en limite les fonctionnalités et évite les situations embarrassantes, comme les rappels de l’anniversaire du défunt.

Il est également possible de faire supprimer entièrement son compte après son décès. Dans les deux cas, il est nécessaire que vos proches signalent votre mort à Facebook sur une page prévue à cet effet, mais vous pouvez signifier de votre vivant vos volontés à Facebook.

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

Rendez-vous dans les paramètres de votre compte. Depuis un ordinateur, il faut cliquer sur la petite flèche pointant vers le bas située en haut à droite de n’importe quelle page Facebook.

Cliquez ensuite sur « Général » dans le menu de gauche, puis sur « Gérer le compte ». Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur « Demander la suppression du compte » et à valider votre choix.

L’opération peut aussi s’effectuer depuis l’application mobile de Facebook. Ouvrez le menu à l’aide de l’icône située dans le coin supérieur droit de l’application, et faites-le défiler jusqu’aux paramètres du compte.

Cliquez ensuite sur « Général », puis sur « Gérer le compte », puis sur « Contact légataire », et enfin sur « Suppression de compte ». Le tour est joué !

• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

Dans ce cas, votre profil sera transformé en « compte de commémoration », ce qui change quelques petites choses. L’expression « En souvenir de » sera par exemple ajoutée au-dessus de votre nom, et plus personne ne pourra se connecter sur votre compte, même si vous avez communiqué votre mot de passe à un proche. Il n’apparaîtra plus dans les suggestions de Facebook, qu’il s’agisse des « Vous connaissez peut-être », des anniversaires ou des publicités qui indiquent à vos amis que vous « aimez » telle ou telle page.

Gardez tout de même à l’esprit que si vous avez paramétré votre compte de manière à ce que vos amis puissent laisser un message sur votre mur, ils pourront continuer à le faire sur votre compte de commémoration, et vous rendre hommage (ou pas). Tout ce que vous avez déjà posté sur Facebook restera par ailleurs accessible selon les paramètres de confidentialité définis de votre vivant : si l’album photo de vos vacances en Espagne était visible par tous, y compris par ceux qui ne font pas partie de vos amis, il le restera après votre mort.

Dans le cas où cette option vous intéresse, il est possible de désigner parmi vos proches un légataire, qui sera en quelque sorte l’administrateur de votre compte après votre mort. Il pourra changer votre photo de profil ou de couverture, rédiger une publication à épingler sur votre mur si celui-ci est ouvert, ou encore accepter ou refuser des demandes d’amis après votre mort, ce qui est assez étrange. Il ne pourra toutefois pas ajouter de nouveaux contacts, supprimer les anciens, effacer ou modifier vos contenus ni consulter vos messages.

Pour effectuer cette démarche, répétez l’opération décrite plus haut, et plutôt que de cliquer sur « Suppression de compte », cliquez sur « Choisir un contact légataire ». Sachez que toutes ces opérations ne sont pas définitives, et que vous pourrez revenir sur votre décision.

Google

Google est aussi un bon élève dans ce domaine. Le géant de Mountain View a mis en ligne en avril 2013 un « gestionnaire de compte inactif » qui permet de décider de supprimer ou de transmettre ses données à un proche, service par service, si vous n’utilisez pas votre compte pendant un certain temps. Cela peut concerner vos e-mails (Gmail), les photographies prises avec votre téléphone si elles sont synchronisées avec Google Photos, les documents stockés sur Google Drive, ou encore votre compte YouTube.

Pour paramétrer le devenir de votre compte Google, direction cette page. Cliquez sur « Démarrer ». Vous devez ensuite définir le délai sans connexion à partir duquel Google considérera que votre compte est devenu inactif : 3, 6, 12 ou 18 mois. Pas de panique : si vous décidiez par hasard d’abandonner Google à un moment de votre vie, sans trépasser pour autant, l’entreprise vous enverra plusieurs e-mails et SMS quelques semaines avant la date fatidique.

Vous pouvez ensuite sélectionner jusqu’à 10 proches qui seront prévenus par Google lorsque votre compte sera devenu inactif, et à qui vous pouvez accorder un accès temporaire à certaines de vos données. Pour éviter les détournements par des personnes mal intentionnées, ces proches ne pourront y accéder qu’après avoir prouvé leur identité à l’aide d’un code reçu par SMS.

Il est également possible de rédiger par avance un message qui sera envoyé automatiquement aux personnes qui cherchent à vous contacter une fois votre compte désactivé.

Il ne reste ensuite plus qu’à choisir si Google devra ou non supprimer entièrement votre compte et ses données quelques mois après le début de son inactivité, et à valider le tout.

Yahoo!

Autre poids lourd de l’e-mail, Yahoo! est objectivement moins prévoyant que Google lorsqu’il s’agit de préparer son testament numérique. La seule possibilité offerte est de clore entièrement votre compte après votre mort. Et la manière de procéder n’est pas franchement à la pointe de la technologie, puisque cette démarche ne peut s’effectuer que par courrier.

Un de vos proches devra ainsi rédiger une demande de clôture formelle en précisant votre adresse e-mail, y joindre un document attestant qu’il est légalement en mesure d’effectuer cette requête (par exemple une lettre le désignant comme votre exécuteur testamentaire), ainsi qu’une photocopie de votre acte de décès. Le tout devra être envoyé aux Etats-Unis (donc en anglais) à l’adresse suivante :
Concierge Executive Escalations
Yahoo Inc.
5250 NE Elam Young Parkway
Hillsboro, OR 97124
United States of America

Hotmail

Concernant Microsoft, qui gère les adresses Hotmail, Live, MSN ou encore Outlook, l’affaire est encore plus compliquée. Non seulement aucun dispositif ne permet d’anticiper sa disparition, mais le site officiel de l’entreprise ne propose pas de page d’aide expliquant la procédure à suivre en cas de décès d’un proche.

Dans un article publié à l’été 2013 (en anglais), le magazine Time faisait état d’une procédure appelée « Next of kin process » (« procédure pour parent proche »). Celle-ci permet de réclamer à Microsoft non seulement la suppression d’une adresse e-mail d’un proche disparu, mais également un DVD contenant les données associées au compte « incluant tous les e-mails et leurs pièces jointes, le carnet d’adresses, ainsi que la liste de contacts » du défunt. Contacté par franceinfo début janvier, le service client de Microsoft a confirmé que cette procédure était toujours d’actualité, mais que son application relevait du cas par cas, sans davantage de précisions.

La suite est assez sportive. Votre proche devra effectuer sa demande en anglais par mail à l’adresse msrecord@microsoft.com, en y joignant une preuve de décès, un certificat prouvant qu’il est légitime pour réclamer la fermeture de votre compte, ainsi qu’une photo d’identité. Il devra également être en mesure de répondre à tout un tas de questions concernant votre compte Hotmail : adresse e-mail, nom, prénom et date de naissance utilisés lors de la création du compte, date approximative de création du compte, ou encore date approximative de la dernière connexion à votre compte. Ces informations peuvent également être communiquées par courrier à l’adresse :
Next of Kin
One Microsoft Way
Redmond, WA 98052
United States of America

Vous l’aurez compris : sauf à avoir minutieusement transmis toutes les informations nécessaires à l’un de vos proches, le plus simple reste de clôturer de votre vivant votre compte Microsoft lorsque la fin approchera. Heureusement, la procédure est cette fois beaucoup plus simple, et parfaitement détaillée sur le site de l’entreprise.

Twitter

A la différence de Facebook, Twitter n’a pas (encore ?) mis en place de profil de commémoration. A moins de communiquer à vos proches votre nom de compte et votre mot de passe, ceux-ci ne pourront ainsi que réclamer la désactivation de votre profil.

La procédure à suivre est assez simple, et peut s’effectuer en français depuis la rubrique d’aide de Twitter. Vos proches devront cliquer sur « Je souhaite demander la désactivation du compte d’un utilisateur décédé ou frappé d’incapacité », préciser le nom de votre compte, vos nom et prénom réels, ainsi que les liens qui vous unissaient.

« Une fois la demande reçue, nous vous enverrons par e-mail des instructions à suivre pour nous fournir plus de détails sur la personne décédée, ainsi qu’une copie de votre carte d’identité et une copie du certificat de décès de la personne concernée », écrit le réseau social dans son centre d’assistance. Twitter précise également que ces documents seront supprimés après vérifications.

Snapchat

Est-ce parce qu’il est très populaire chez les moins de 30 ans ? Les mots « mort » ou « décès » n’apparaissent en tout cas nulle part dans les rubriques d’aide du site de Snapchat.

Contacté par franceinfo, le réseau social de partage de photos et de vidéos à durée de vie limitée indique « être en capacité » de supprimer le compte d’un utilisateur mort. Si vous souhaitez que vos proches effectuent cette démarche après votre passage dans l’au-delà, ils devront rédiger une requête en se rendant sur cette page, puis en cliquant sur « Je souhaite partager des commentaires » et « Autres ».

Les équipes de Snapchat prendront ensuite contact avec eux pour effectuer des vérifications avant de procéder à la désactivation de votre compte. Attention tout de même, le site n’accepte pour l’heure que les requêtes envoyées en anglais.

Instagram

Instagram a été racheté par Facebook en avril 2012 contre un milliard d’euros. Cela se ressent dans la manière dont le plus célèbre réseau de partage de photos gère la question de la mort de ses utilisateurs : comme Facebook, Instagram propose aux proches d’un défunt de choisir entre supprimer son profil et le transformer en « compte de commémoration ».

• Si vous souhaitez que votre compte soit supprimé :

Dans ce premier cas, vos proches n’auront qu’à remplir un formulaire simple et en français. Afin de vérifier que la personne effectuant la demande est un membre de votre entourage, Instagram réclame en outre « un certificat de décès, le certificat de naissance du défunt ou une preuve de [son] autorité ».

• Si vous souhaitez que votre profil reste en ligne :

Dans ce cas, le compte en question restera figé, n’apparaîtra plus dans les espaces publics de la plateforme comme la section « explorer » (qui suggère des personnalités auxquelles s’abonner) et il sera impossible de s’y connecter, même en possédant le mot de passe. Là aussi, vos proches n’auront qu’à remplir un formulaire pour effectuer cette demande, avec une preuve de votre décès.

LinkedIn

« Il arrive malheureusement parfois que vous trouviez le profil d’un collègue, d’un camarade de classe ou d’un être cher qui est décédé. Si cela se produit, nous pouvons fermer le compte de cette personne et supprimer son profil pour vous », écrit dans sa section d’aide le réseau social professionnel, qui revendiquait un demi-milliard de membres en avril 2017.

Comme Instagram ou Twitter, LinkedIn propose ainsi un formulaire (disponible seulement en anglais) permettant de demander le retrait d’un profil, mais ne réserve pas cette possibilité aux seuls proches du défunt. Votre « famille éloignée » ou vos anciens camarades de classe pourront ainsi réaliser cette démarche après votre mort.

La personne effectuant la demande devra fournir votre nom, préciser sa relation avec vous, la date de votre mort, ainsi qu’un lien ou un document prouvant votre décès.

 

Avec france info

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