Enseignement pré-universitaire : une enseignante raconte le calvaire de l’intérieur du pays

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Suite au concours initié par le département de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, Oumou Koultoumy Barry a intégré la fonction publique guinéenne comme enseignante au mois de février 2017. Habituée à la vie citadine, cette nouvelle enseignante est mutée à Kankan, un lieu où elle ne connait personne.

Plusieurs questions taraudaient l’esprit de notre interlocutrice rencontrée quelque part à Conakry. « J’avais beaucoup d’inquiétudes parce que ça fait longtemps que j’ai quitté Kankan. Je suis née à Kankan mais depuis 1998, j’ai quitté je ne connaissais rien de la ville, je suis habituée à la vie de Conakry. J’avais assez de questions en tête, pour une femme ce n’est pas du tout facile comme on le dit souvent c’est très difficile, je ne sais pas qui je vais trouver là-bas, qui sont mes collaborateurs, qu’est ce qui allait m’arriver ? J’avais tellement peur mais Dieu merci, dans la vie il faut être combattante, » dit-elle.

Son intégration dans cette région n’a pas été rose, en sa qualité de jeune enseignante nous explique-t-elle. « Chaque jour je payais 10.000GNF le transport donc j’étais obligée de passer la journée à l’école pour ne pas payer 20.000GNF car les cours c’est du matin au soir il n’y a pas les mi-temps, je passais la journée à l’école je ne mangeais rien sauf  boire de l’eau. Je vais à l’école et je ne gagnais rien même un pain ou une bouillie, tous les autres enseignants rentraient chez eux et me laisser là-bas. Quand ils ont commencé à nous payer, on donne notre argent le 15 ou le 20 du mois prochain car nous ne sommes pas à la banque pour un virement. » Relate Oumou Koultoumi Barry.

L’autre difficulté qu’elle a rencontrée durant cette période, c’est le fait que les citoyens de cette localité ne fassent pas de petits gestes pour les enseignants. « Avant les villageois donnaient beaucoup de choses aux enseignants mais maintenant on dirait que les gens sont civilisés, il n’y a pas ça entre les enseignants et les parents d’élève. »

Le 15 septembre prochain, c’est la reprise des cours sur toute l’étendue du territoire, Oumou invite à cet effet l’Etat à améliorer les conditions de vie des enseignants notamment ceux de l’intérieur du pays. « Ce que je peux dire à l’Etat, c’est de construire des cités pour les enseignants. S’il y’a le courant, l’eau, le réseau personne ne va revenir à Conakry. »

Ambitieuse et déterminée pour son métier, la jeune enseignante invite les femmes à être courageuses. « C’est un grand courage quand on te mute à l’intérieur du pays et que tu y restes car ce n’est pas facile. Je demande à toutes les enseignantes d’être courageuses. L’enseignement ce n’est pas facile, mon plus grand rêve c’est d’être ministre à la place de K². Donc je vais me battre dans les classes un jour je vais rentrer dans les bureaux et être directrice, peut-être Dieu va m’aider à réaliser mon rêve de devenir ministre. »

Tout comme Oumou Koultoumy Barry, elles sont nombreuses ces jeunes dames qui sont souvent mariées et qui laissent leur famille, leurs enfants, leur vie conjugale pour aller à leur poste de travail. Des lieux où leur logement, leur santé, leur nourriture ne sont pas garantis.

Hassatou Lamarana Bah pour kalenews.org

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