Délestage du courant électrique : Marie Madeleine Dioubaté réagi

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Dans une interview qu’elle a accordée à votre quotidien électronique, Mme Marie Madeleine Dioubaté, candidate à l’élection présidentielle de 2015, incombe ce délestage dans la desserte du courant par le laxisme du gouvernement. « Schématiquement une centrale thermique est un gros groupe alimenté à partir de carburant, de fioul en l’occurrence. L’Etat passe donc des commandes de fioul pour alimenter les centrales thermiques et certaines personnes y tirent un profit puisqu’elles négocient des commissions sur les bateaux de fioul, les transfos, les pièces détachées à remplacer. En somme un vrai business qui peut rapporter gros. Alors pourquoi se casser la tête pour trouver des solutions durables à la crise énergétique dans le pays ? Il y a une inconscience, un manque de patriotisme de certains responsables de la classe politique et un manque de considération pour le peuple » dit-elle.

Pour la politicienne, aucune solution radicale ne peut être prise ni même envisagée s’il y’a impunité dans le pays. « L’importation massive de carburant ainsi que le trafic de ce carburant très coûteux pour l’Etat peut continuer en toute impunité. Ainsi en 2017, la production d’électricité d’origine thermique a représenté 50% de la production totale. Et cette part devrait passer à environ 60% de janvier 2018 à juin 2018 car il faut fournir de l’électricité en urgence, ce qui fera encore les affaires de certains », dit la candidate écologiste à la dernière élection présidentielle.

Cette crise qui secoue actuellement le secteur de l’énergie est due selon le gouvernement au faible prix du KWh en Guinée. Face à cette déclaration, Marie Madeleine Dioubaté donne des éclaircissements : « Le prix du KWh (kilowatt par heure) produit par une centrale thermique en Guinée peut atteindre 3 627 GNF soit 40 centimes de $ USD contre 956 GNF soit 10 centimes de $ USD pour la production de Kaléta. L’Etat revend l’électricité à un prix moyen de 946 GNF soit 9,90 centimes de $ USD. Au Sénégal le prix moyen de l’électricité est de 10,80 $ USD, au Mali également. En RCI, le prix moyen de l’électricité est de 12 $ USD et le tarif social de 10,80 $ USD. Il est donc vrai que le coût du KWH en Guinée est moins cher que celui pratiqué chez nos voisins. Mais son faible coût n’explique pas la faillite du secteur de l’énergie en Guinée puisque en Asie le coût du KWH est 4 fois moins cher que celui pratiqué sur notre continent » tranche-t-elle.

A la construction du barrage Kaleta, Marie Madeleine Dioubaté avait pourtant prédit que ce barrage pourrait ne pas fonctionner compte tenu du délai d’exécution. « Le barrage de Kaleta devait être construit en un temps record afin que le Président de la République puisse présenter un bilan positif de son action. Or pour un ouvrage de cette taille, il faut 5 à 7 ans. J’appelle une fois de plus les guinéens à la vigilance, car le gouvernement construit un nouveau barrage à Souapiti qui est également sur le fleuve Konkouré et qui a fait l’objet d’un programme d’aménagement incluant la construction de 4 barrages. Garafiri et Kaleta déjà construits ne sont pas à la hauteur des résultats attendus. Il ne reste désormais que Souapiti et Amaria » signale-t-elle.

Dame Dioubaté invite la population à plus de vigilance pour ne pas que la construction de Souapiti serve de prétexte pour surfacturer et décaisser à nouveau des fonds. Sinon, dit-elle, ce sont tous les citoyens guinéens qui devront passer à la caisse pour rembourser les emprunts effectués pour réaliser la construction de barrages qui ne fonctionnent pas comme escomptés.
« Il faudrait maintenant que la réalisation de Souapiti soit une réussite», conclu-t-elle.

Hassatou Lamarana Bah

 

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