Culture : Des irrégularités rencontrées à la Fédération Nationale des Artisans de Guinée

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Rien ne va au sein de la Fédération Nationale des Artisans de Guinée FENAG. Depuis sa mise en place en 2004, cette organisation n’a pas connu un congrès. Pourtant, d’après les textes de cette structure, la durée du mandat est de cinq ans. En outre, la FENAG ne joue pas son rôle pour la valorisation de l’artisanat guinéen qui regorge  93 métiers.

Mme Bah Hadjiratou Diallo, vice-Présidente précise que le bureau n’est pas indépendant. « On n’a pas de siège.  Quand j’ai posé le problème, ils ont pensé que je suis contre le président. Depuis 2004 jusqu’à nos jours, il n’y a pas eu d’élection, mais c’est grave ! », dit-elle.

Par manque de stratégie, la FENAG qui est sensée coiffer les artisans de Guinée peine à avoir des marchés « L’Etat a donné 10 mille tables-bancs directement aux menuisiers au lieu de passer par la fédération. Les femmes voyagent dans les foires, elles vont  avec leurs  propres moyens. Elles sont avec leur bagages dans le même car, partout où on passe on se moque de nous. Ce sont elles qui font toutes les démarches. Normalement c’est la fédération qui doit le faire. Quand il y’a des sorties, que vous soyez membre de la FENAG ou pas, il suffit que vous vous entendiez bien avec le Président El Hadj Boubacar Fofana pour voyager » dénonce-t-elle.

L’artisanat guinéen se porte mal. Cela se confirme par cet autre témoignage de Mme Bah qui dénonce le marchandage des stands-pays lors des grandes foires. « Les stands pays sont marchandés.  Les responsables préfèrent encaisser l’argent et payer des personnes au lieu de donner aux artisans. Une fois, on a  retrouvé des produits chinois dans les stands pays et ce n’est pas normal.  Quand j’ai fait mon rapport, on me dit d’avoir peur pour mes enfants et d’abandonner. On nous refuse le visa pour faire écouler nos marchandises car au niveau des ambassades on estime que nous partons pour y rester » ajoute-t-elle.

Bien que le rôle de la fédération est de former les artisans, leurs aider à avoir des équipements, les matières premières à travers l’Etat ou les institutions nationales et internationales, et leurs aider à écouler leurs produit sà l’étranger, le problème selon Mme Bah se situe à trois niveaux : « Si le mandat est fini, l’Etat devrait nous interpeller pour nous rappeler que notre mandat c’est pour cinq ans. L’autre problème ce sont les artisans.  Quand tu les invite pour faire une assemblée générale, il y’a certains qui se désolidarisent soit disant qu’ils ont peur pour leur tête. L’autre point, c’est le chef lui-même qui ne veut pas organiser l’élection. On ne se rencontre que s’il y’a un problème ».

L’agriculture et l’artisanat étant deux secteurs clés pour le développement d’un pays, la vice-Présidente de la FENAG invite l’Etat à prendre ses responsabilités pour qu’il y’ait le congrès et que les artisans prennent leur destin en main.

Hassatou Lamarana Bah

 

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