Affaire Kèlèfa Sall : les forces sociales de Guinée exigent qu’aucune élection ne soit organisée au sein de la Cour Constitutionnelle (Déclaration)

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À travers une déclaration tenue  ce samedi 15 septembre 2018 à Coleah, les forces sociales de Guinée se sont exprimés sur la série de crise qui prévaut en Guinée depuis l’augmentation du prix du carburant. Ces crises qui sont entre autres la hausse du prix du carburant, la gestion opaque du Port Autonome de Conakry, l’installation des élus locaux, tireraient selon eux, leur explication de l’incapacité du gouvernement guinéen à apporter une réponse aux nombreuses préoccupations des populations dans un contexte de demande sociale élevée.

Tout en demandant au gouvernement l’ouverture immédiate d’une enquête sur le détournement des 21 millions de dollars à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), ainsi que les neuf millions saisis à Dakar, les forces sociales de Guinée disent apporter leur soutien aux travailleurs du Port Autonome de Conakry et invitent le gouvernement à l’annulation pure et simple du contrat décrié par bon nombre des travailleurs dudit port.

Pour les forces sociales de Guinée, depuis l’avènement en 2010 du régime, les textes de loi guinéens ont été laminés aux moyens d’accords politiques et de compromis qui ont fortement écorné l’image de la Démocratie et de l’État de Droit, en faisant de la Guinée, un pays où la loi n’a aucun sens.

Dans cette même déclaration, les forces sociales considèrent que si à ce jour la violation de la loi n’avait pas de conséquences majeurs sur les fondements de la Constitution, la destitution du président de la Cour Constitutionnel en violation de l’article 101 de la Constitution par huit de ses membres pour des raisons non encore prouvées laisse présager une volonté tacite de compromettre dangeureusement les principes d’intangibilités constitutionnelles définis à l’article 154 de la Constitution du 7 Mai 2010 qui dispose : « la forme Républicaine de l’État, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité, le principe de la séparation et l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision ».

Voyant par cet acte une manoeuvre dilatoire, machiavélique et politiquement planifié pour écarter un adversaire supposé hostile à tout projet de déverrouillage du nombre de mandats légaux, les forces sociales de Guinée invitent le Président de la République en tant que garant du bon fonctionnement des Institutions Républicaines à ne pas cautionner cette fortaiture qui ne lui fera pas honneur. Elle exigent qu’aucune élection remplaçant Monsieur Kèlèfa Sall ne soit organisée au sein de la Cour Constitutionnelle, et enfin prennent à témoin l’opinion nationale et internationale des menaces et risques réels d’une crise politico-institutionnelle pouvant engendrée des violences dans le pays.

Alpha Mamadou Bobo Baldé

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